CROA (bis) du 24 février 2017

 

Arrivée sur le site à la sortie de Lassigny vers 22h00.

L'atmosphère est assez sèche mais la pollution lumineuse de plus en plus présente sur ce site.

Depuis 20 ans que je suis au club, la pollution lumineuse a malheureusement fortement progressé dans la région.

L'absence totale de vent nous permettra de bien supporter le froid.

 

* Au télescope Dobson 300 de Lolo, à l'ancienne, tout à la main, avec nos connaissances, puis parfois l'aide d’une documentation importante que j’ai accumulée et classée au fil des années, composée de cartes, d'articles et de photos!!!

C'est ça qui me motive et me plaît dans l'observation.

Merci à Jean-Raphaël GILIS pour son livre «J'observe le ciel profond» qui nous accompagne toujours...

 

- Tout d'abord un petit coup d'œil du côté d'Orion et de ses constellations voisines avant que l'horizon ne les engloutisse:

 

- M42, la nébuleuse d'Orion nous révèle ces gracieux voilages. Elle est située à environ 1500 années-lumière de nous et date de 300 000 ans. Sa dimension est énorme : 30 années-lumière ! Un peu de couleur perceptible ? Légèrement verdâtre en son centre et rose côté droit ? Ce n'est pas une certitude.

 

- M41 (amas ouvert) dans le Grand Chien nous montre ses belles étoiles. Il est situé à 2300 années lumières de nous et a un diamètre de 25 années-lumière. Il est composé d'une centaine d'étoiles âgées de 190 à 240 millions d'années seulement. Nous en distinguons un peu plus d’une vingtaine.

 

- Puis un petit tour dans la Licorne pour observer un nouvel amas ouvert : NGC2244, La nébuleuse de la Rosette (NGC 2237) n'est pas perceptible.

 

Les constellations du printemps commencent à se montrer.

C'est bon signe et ça sent les galaxies à plein nez !

Sa majesté le Lion attend notre visite !

 

- Commençons par la galaxie NGC 2903 à côté de la tête du Lion : distante de 20 millions d'années-lumière, sa forme apparaît allongée et plus brillante en son centre.

 

- Puis direction M65, M66 et NCG 3628 : ces galaxies sont très proches les unes des autres, seulement 200 000 années-lumière séparent M65 de M66 ! Elles appartiennent toutes les trois à l'amas de galaxies Léo 1 et sont distantes de 35 millions d'années-lumière de notre propre galaxie. Nous les mettons dans le même champ. Les deux «M» sont bien brillantes et dévoilent leurs formes caractéristiques. NCG 3628 est plus difficile à voir, en vision décalée, sous la forme d'un long trait en fuseau gris (pollution lumineuse, quand tu nous tiens!)

 

- Toujours sous le Lion, à peu près au milieu entre les étoiles Régulus et thêta, se situe un nouveau groupe de galaxies.

- Un premier duo comporte M95et M96. Elles font également partie de l'amas Léo 1, ne sont séparées que de 400 000 années-lumière l'une de l'autre et sont distantes de nous de 30 millions d'années-lumière.

En les positionnant en haut à droite du champ, M105 apparaît (de Léo 1 aussi et à la même distance de nous que les deux précédentes). Elle est plus faible que M65 et M66 mais bien visible. Elle est accompagnée de deux voisines : NGC3384 qui montre aussi une belle luminosité, et de NGC3389, bien plus discrète ! Pour la voir, il faut utiliser la vision décalée. Elle forme un triangle quasi équilatéral avec deux étoiles faibles, ce qui aide à la montrer aux amis mais elle est très difficile à voir, je la traite d'ailleurs de « pétzouille » !

Whouaou, cinq galaxies dans le même champ à l'oculaire, ce n'est pas si commun !

 

- Un regard à Jupiter : encore pas bien haut dans le ciel, ses deux bandes sombres sont bien visibles mais ne laissent apercevoir aucun détail particulier, du fait de la perturbation atmosphérique encore bien présente.

Quatre satellites semblent présent mais leur position particulière me laisse perplexe : à l'image trois d'entre eux sont au-dessus de la planète et dessinent une forme de chapeau, comme un accent circonflexe. S'agit-il bien des satellites galiléens ?

C’est Marc qui nous apportera la réponse samedi, confirmée par Stellarium, indiquant qu’il s’agissait bien de Calisto, Io et Europe. Ganymède quant à lui, se trouve à l’opposé de la planète.

 

Il est temps d'aller rendre visite à la Grande Ourse.

- Tout d'abord, pleins feux sur les superbes M81 et M82. Situées à environ 12 années-lumière de nous, elles nous proposent davantage de détails que leurs congénères du Lion et sont beaucoup plus lumineuses.

- A leur côté, la petite galaxie NGC 3077 est beaucoup plus faible et demande de l'attention pour se faire remarquer. Nous avons les trois dans le même champ, c'est sympa.

 

Descendons maintenant vers l'arrière train du plantigrade.

- Près de l'étoile Phecda, nous observons la galaxie M109. Sa distance relativement éloignée (55 millions d'années-lumière) explique sa moindre luminosité. Elle nous présente sa forme de fuseau allongé.

- Côté opposé, près de l'étoile Mérak, la galaxie M108 et la nébuleuse planétaire du Hibou (M97) s'offrent à nous dans le même champ.

La galaxie, distante de 45 millions d'années lumières tout de même, montre quelques irrégularités. La nébuleuse, elle, pourrait faire penser à un œil non averti qu'il s'agit d'une autre galaxie. Mais sa luminosité est trop importante pour une galaxie que nous verrions de pleine face. L'explosion de l'étoile qui l'a formée date de 6000 ans et elle est à 2600 années-lumière de nous. Elle est malheureusement décevante à observer car la pollution lumineuse importante ne permet pas de voir les deux tâches sombres qui lui valent son nom.

 

Au cours de la soirée, je suis allé mettre aussi l'œil à l'oculaire des télescopes de Coralie et Simon-Pierre qui ont également proposé de belles images !

 

De neuf en début de soirée, nous terminons à quatre : Marc C, Simon-Pierre, Lolo et moi.

Le temps de remballer le matériel, nous «décollons» (ça c'est pour Simon-Pierre) à 0h30. Le pare-brise est gelé : température extérieure = - 2°.

 

A la prochaine observation, il nous faudra changer de cibles avec d'autres objets de la Grande Ourse laissés de côté aujourd'hui et les galaxies de la Vierge et de la Chevelure de Bérénice qui seront peut-être un peu plus accessibles du fait de leur hauteur par rapport à l’horizon.

 

Philou.

 



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