CROA du 14 mai 2004

 

Il fait encore bien jour lorsque nous arrivons vers 21h30 sur notre site de Machemont. Nous commençons à installer le matériel : Philippe L. son 300, Dom le 200 du club, Lolo la lunette 127 du club (il a effectivement un souci avec le miroir secondaire de son télescope), et moi mon 150.

D’autres nous rejoignent petit à petit et chose rare, nous nous retrouvons à 14 personnes « là-haut » : Soufiane, François, Dom, Jacquot, Olivier, Lolo, Jean, Manu, les 2 Philippe, Stéphane (le beau-frère de Lolo) ainsi que 3 de mes collègues et amis : Renée, Anita et Yves.

 

Objets observés :

 

Les planètes :

-          Vénus : la déesse de l(amour n’est plus qu’à un peu plus de 55 millions de kilomètres. Soir après soir, elle est de plus en plus basse et son diamètre continue d’augmenter. Son joli croissant s’affine à mesure qu’elle s’approche de notre Terre.

la comète Neat Q4

-          Neat Q4 : elle sera l’objet de toutes nos attentions ce soir. Va –t-elle tenir ses promesses ? Elle résiste encore un moment à nos recherches à l’œil nu et aux jumelles car elle n’est pas très lumineuse et la nuit tarde à tomber.

Puis tout à tour, nous l’attrapons aux jumelles et aux instruments, et à l’œil nu pour certains mais elle est très difficile à discerner.

Les images confirment mon impression de lundi, avec une queue de gaz et de poussières pas très allongée, plutôt touffue et visible à l’oculaire, sur le côté droit du noyau. Au chercheur, l’amas ouvert M 44 est apparent dans le même champ en bas.

Malheureusement, ce soir le ciel n’est pas transparent. La brume est très présente et la luminosité reste importante malgré l’absence de lune.

Les planètes (bis) :

-          Saturne : située à 1 milliard 457 millions de kilomètres et déjà assez basse ne nous offre plus d’images exceptionnelles. Son diamètre apparent continue de diminuer à l’oculaire et je n’ai pas vu la division de Cassini sur le 150.

-          Jupiter : à la distance de 763 millions de kilomètres, ne nous a pas déçus. Le ciel est plus limpide à sa hauteur. En plus des deux bandes habituelles, d’autres bandes sombres sont visibles près des pôles. Les 4 principaux satellites forment un joli petit alignement, tous du même côté, à droite de la planète.

L’ISS :

Puis vers 23h30, l’ISS nous gratifie de son passage au-dessus de nos têtes, bien brillante. (J’ai vérifié sur internet, l’heure de passage et les constellations traversées sont exactes).

 

La brume nous confirme que ce n’est pas cette nuit que nous chercherons de nouveaux objets. Notre modestie s’adaptera à la (très moyenne) qualité du ciel et nous nous contenterons de « zieuter » quelques vedettes incontestées.

Il y a quelques galaxies trouvables (M 81 et M 82 pratiquement les yeux fermés pour Philippe L.) et le ciel d’été s’élève progressivement vers l’Est.

Alors un coup d’œil vers Albiréo qui nous propose déjà ses deux bijoux rivalisant d’éclat : un topaze et un saphir !

 

Ciel profond :

-          M 57 : l’anneau de la Lyre nous dévoile son cercle, surtout au 300, là c’est impressionnant ! Et la Lyre n’est pas très haute !

-          M 81 et M 82 : Philippe L. nous les cale dans son 300, et bien que ça ne soit pas la première fois, je ne m’y habitue pas, ça déchire les rétines, c’est magnifique, la Grande Ourse est presque au zénith.

 

Notre groupe s’amoindrit tandis que nous continuons de pourchasser les « univers-îles ».

-          M 104 : dans la Vierge est beaucoup moins évidente que lors des précédentes sorties.

-          M 65 et M 66 : il en va de même pour ce coupe, dans le Lion, qui si elles sont mieux visibles que leur consoeur, ne sont pas pour autant grandioses ce soir.

Nous ne sommes plus que 5 (Philippe L., Lolo, Stéphane, Dom et moi) lorsque Philippe (qui arrive tout droit de Normandie) sort une bouteille de son coffre et là : première récompense pour les couche-tard, ça fleure déjà bon la pomme à plusieurs mètres !! D’accord Philippe, « Justine tite goutte » !!

 

Dom plie bagages et nous quitte trop tôt car le meilleur reste à venir…

-          M 3 : le meilleur, ce n’est pas cet amas de la constellation des Chiens de Chasse que j’ai localisé avec le 150 et qui nous montre qu’il est un des plus beaux amas globulaires du ciel boréal.

Non, le clou de la soirée (le truc qui fait qu’on ne regrette pas d’être venu), c’est un de nos vieux compagnons depuis des années, il s’agit de :

-          M 13 : et là, les mots me manquent !!! Au 300, ça nous a complètement « troué le cul » ! Hyper défini, nous pouvions compter les étoiles ! « Que du bonheur » comme dit Lolo ! L’image à l’oculaire était comparable à la photo sur « Astronomie Magazine ».

Je n’avais jamais vu ça, oserai-je encore le regarder dans mon 15 ? Rien n’est moins sûr.

Alors l’ambition nous est revenue (à défaut de Mathilde), je nous ai lancé un nouveau défi : allions-nous pouvoir voir la zone d’absorption en forme de Y sur l’amas ? Pari gagné sur le haut de l’image, mais pas facile tout de même !

Il ne nous restait plus qu’à nous frotter les yeux, nous pincer pour nous persuader qu’il ne s’agissait pas d’un rêve et à remballer le matos pour une prochaine fois.

Il est 2h30 du mat.

 

Philou



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