CROA du 10 mars 2017

 

Hier soir, à l'issue de la réunion bimensuelle du club, j'ai bien senti qu'il y avait peu de volontaires pour une petit sortie d'observation. Il est vrai que la Lune avait 12 jours et brillait bien fort au sud. Cependant, le temps était magnifique et les températures clémentes. De plus, j'avais chargé tout le matériel dans le coffre et je vous prie de croire que cela me prend un certain temps de transférer le SW 250/1200 de son lieu de stockage vers mon véhicule. Heureusement, au moment des adieux, Jean-Pierre m'a proposé de m'accompagner pour nous faire une petite sortie à deux. J'avais trouvé mon irréductible!

 

Nous nous sommes installés vers 23 heures à la sortie de Lassigny au lieu dit «Belval» que j'ai déjà décrit dans un CROA précédent.

 

Nous avions une température de l'ordre de 7°C, le ciel était clair mis à part quelques petits Cirrus au nord et il n'y avait pas de vent.

 

Nous avons rapidement installé la monture en mode azimutal (à deux ça va beaucoup plus vite). La clarté lunaire nous a bien aidé pour l'installation mais laissait présager d'observations pauvres en ciel profond. Ensuite, nous avons effectué l'alignement. Chose étrange, j'avais choisi le mode d'alignement sur deux étoiles brillantes mais avant de me les proposer la monture a choisi de commencer par Jupiter. C'était la première fois qu'elle commençait par là et je ne savais pas que l'on pouvait réaliser un alignement sur une planète. Ensuite, elle m'a bien proposé deux étoiles comme d'habitude.

 

J'avais édité une liste d'objets remarquables à observer au mois de mars. Mais toutes ces merveilles du ciel étaient au sud là où la Lune rayonnait dans une gloire certaine. Ayant fait l'achat d'un filtre Moon & Skyglow c'était l'occasion de le tester. Nous avons donc pointé NGC 2775 puis NGC 3115 mais les deux galaxies sont restées invisibles. L'oculaire était vide et la lumière de la Lune était bien présente malgré le filtre. Donc, je suis parti vers l'ouest, direction Orion. La nébuleuse était déjà basse sur l'horizon mais malgré cela le nuage est bien apparu dans l'oculaire. Pour le moment, j'avais laissé le LET 28mm.

 

Ensuite, nous avons espionné les Pléiades. Elles étaient difficiles à discerner à l'oeil nu mais elles se sont bien dévoilées à travers notre «prothèse» de 250 mm de diamètre.

 

Au nord, c'est M81 que nous avons pointé par la suite. Cette fois-ci la galaxie a bien fait son apparition, mais c'était plus un jeu de devinettes qu'une observation proprement dite. A chaque fois, nous avions gardé le filtre cité plus haut. Je n'ai pas vu de différence notable avec ou sans. Le fond du ciel était peut-être un peu plus foncé avec. Je suis donc un peu déçu par cet achat.

 

Comme la Lune était là nous avons essayé de la regarder à travers ce fameux filtre mais l'intensité lumineuse était telle que Jean-Pierre et moi avons été déclaré aveugle pendant quelques minutes après avoir tenté l'observation.

 

Alors, puisque le ciel profond ne donnait vraiment rien, il restait Jupiter. Et là nous avons essayé toute la panoplie des oculaires. Avec le 10 mm (grossissement x120) on voyait déjà deux bandes de nuages ainsi que trois satellites. Nous avons vérifié, il s'agissait de Io, Calisto et Ganymède. Nous sommes donc parti à la chasse au zoom !

 

Mise en place du 6,3 mm (x190). Comme il n'y avait pas de vent l'image était bien nette. On ne voyait plus que deux satellites mais sur la bande du haut il nous a semblé discerner la grande tâche rouge. Alors pour en avoir la cœur net nous avons placé le 4 mm (x300). Là encore nous avions une belle image obtenue notamment grâce à l'utilisation du micro-fuser du port oculaire. Oui, cette protubérance ressemblait vraiment à la grande tâche rouge. Nous avons donc continué notre course à l'armement en reprenant le 6,3mm et en lui ajoutant une Barlow x2 (x380). Ça grossit c'est vrai mais nous n'avons pas réussi à faire une belle mise au point. Nous avons donc fait un petit retour en arrière plus modeste.

 

C'est là qu'une petite excroissance a fait son apparition sur la bordure du disque de Jupiter. Proche de la grande tâche rouge. Etait-ce le quatrième satellite qui faisait son apparition? Nous l'avons scruté, mis au point, débattu sur le sujet et nos avis convergeaient. Ça ne pouvait être que ça. De plus, avec le temps qui passait on le voyait sortir de plus en plus pour finalement se séparer de Jupiter. Ayant nos smartphones dans nos poches, j'ai lancé l'application «Sky Guide» que je recommande, et là nous avons eu nos réponses. Oui, c'était bien Europe qui se dévoilait à nos yeux surpris mais émerveillés et oui, c'était bien la grande tâche rouge qui apparaissait pas loin. A 300 fois nous commencions à apercevoir des dégradés de couleurs entre le brun et l'orange sur la bande la plus grande. Ce n'était pas deux mais trois bandes que l'on voyait. La tâche aussi n'avait pas la même couleur que le reste.

 

Comme je vous avais envoyé, il y a trois jours, un petit tableau sur l'utilisation des filtres colorés, nous avons mis en application ces connaissances. Nous avons sorti le filtre bleu no.82A et avons continué nos observations. C'était beaucoup plus contrasté et les bandes ainsi que la tâche ressortaient fortement face à nos yeux de grands enfants. Europe s'éloignait toujours de plus en plus de Jupiter.

 

Et la Lune alors? Nous avons donc voulu finir par elle. Comme l'astre Sélène brillait bien trop fort nous avons atténué sa luminosité par l'utilisation du filtre vert No.56. Cette fois-ci nous pouvions garder notre œil collé à l'oculaire sans souffrir. Avec le 10 mm, elle apparaissait en entier et c'était beau. En grossissant, nous avons observé quelques détails et notamment le cratère Copernic et la bordure de séparation jour-nuit où les contrastes étaient bien plus marqués en raison des ombres aux pieds des cratères.

 

Ensuite? Eh bien, il était une heure du matin, nous avons remballé et cherché sans succès le bouchon de mon chercheur que j'ai perdu. Le prochain qui ira observer à Belval et qui trouvera un bouchon d'oculaire saura que c'est le mien.

 

A très bientôt et bon ciel à tous.

 

Simon-Pierre.



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