CROA du 20 septembre 2017

 

Enfin ! Aujourd'hui, le ciel bleu a fait son apparition après plusieurs semaines de grisaille et de pluie. Je ne peux pas laisser passer l'occasion, d'autant que j'ai quelques jours de repos. J'envoie donc une invitation pour sortir à Giraumont sur les groupes de discussion WhatsApp des clubs Andromède et CAASV. Jean-Pierre (CAASV) et Aurélien (Andromède) répondent « présent ». Voilà une belle petite soirée qui se prépare. Justement ! Outre la petite liste que j'ai préparé pour les observations au mois de septembre à l'aide de l'incontournable livre de Jean-Raphaël Gilis « J'observe le ciel profond » , j'en édite une seconde à l'aide de l'excellente application « Générateur de soirée d'observation ». Allez ! Pour la peine, voici l'adresse web : http://www.univers-astronomie.fr/generateur-soiree/?lang=fr

 

Le rendez-vous était fixé à 21 heures. Il fait un temps magnifique. Peu d'humidité, pas de vent et une température de 13°C. J'arrive en avance. Jean-Pierre est déjà là ! Il est motivé bien qu'un peu souffrant. Nous avons tous les deux une monture AZ-EQ6 et J.P. est intéressé pour voir comment fonctionne la mienne. Nous installons donc la monture à deux. J'ai choisi le mode équatorial car j'aimerai faire quelques photos ce soir. Après un peu de tâtonnements (mais qui donc a changé les réglages de ma raquette) nous obtenons une bonne mise en station. À chaque nouvel objet la monture pointe précisément et l'objet est bien dans l'oculaire ou dans le capteur de l'appareil photo. C'est bien pratique.

 

A début, je propose à J.P. de faire une petite vidéo de Saturne que nous avons découvert dans l'oculaire réticulé de 12,5mm. On voyait bien les anneaux mais également un satellite de Saturne. Grâce au logiciel Stellarium, consulté plus tard, j'ai eu la confirmation qu'il s'agissait de Titan. C'était la première fois que je voyais cette grosse lune dans mon télescope. Et encore, il ne s'agissait que de l'oculaire que j'utilise pour l'alignement.

 

Bien sûr, si vous relisez mes précédents CROA vous verrez qu'il y a toujours quelque chose qui cloche quand je sors. Ce soir, impossible de synchroniser la webcam avec l’ordinateur. Mais j'ai plus d'un tour dans mon sac et je dégaine le Canon EOS 1100D défiltré. Bon la photo ce n'est pas adapté au planétaire. Alors nous pointons sur M27 – 19 h 59' +22° 43' - Magnitude 8.1- La nébuleuse de l'Haltère. Elle est au centre du triangle d'été, dans la constellation du petit renard à 861 AL. C'est un objet parfait pour commencer l'astrophotographie. Elle est vaste et particulièrement brillante. Après avoir fait la mise au point sur Altaïr à l'aide du zoom sur le live view, nous attaquons la série de prises de vues. Je commence par 15 images de 30s. Ensuite, je fais 15 darks, puis 15 offsets et enfin 15 flats avec la boite à flat que j'ai fabriquée tout seul de mes petits mains poilues.

 

Pendant ce temps, Aurélien nous a rejoint. J'ai failli ne pas le reconnaître ! Nous sommes dans le noir, il semble qu'il se soit battu contre sa tondeuse à gazon et c'est elle qui a gagné ! Aurélien a la boule à zéro ! Je suis bien content de le retrouver car c'est lui le plus assidu à mes petites soirées de Giraumont et ça faisait un bout de temps que nous n'étions pas sortis.

 

Je fais ensuite quelques photos de M31 – 0 h 42,7 +41°16' – Magnitude 3,5 – Grande galaxie spirale d'Andromède. Située à 2,55M d'AL et d'un diamètre de 140 000 AL, elle contiendrait environ mille milliards d'étoiles. Cette fois-ci, je fais 30 images de 30s.

 

Ensuite, je passe à la nébuleuse de la Lyre. M57 est une nébuleuse planétaire dans la constellation de la Lyre. Elle est bien connue des astronomes amateurs. Sa forme caractéristique lui vaut également le surnom de nébuleuse de l'anneau. Elle se situe à 2300 AL. Mais dans l'oeilleton de l'appareil photo je n'arrive pas à la discerner. Je ne sais donc pas si elle est bien là ou pas.

 

Pour ne pas gâcher de « pellicule » et surtout de temps, j'abandonne M57 et je tente d'immortaliser les Pléiades. M45 est un amas ouvert, dans la constellation du Taureau. Situé à 444 AL, elle a une magnitude de +1,6 pour une vaste dimension apparente de 110'min d'arc. On dénombre dans cet amas environ 3000 étoiles, dont une douzaine est visible à l'oeil nu. L'âge de l'amas est estimé à 100 millions d'années, mais il ne devrait pas vivre longtemps puisqu'il devrait se séparer dans 250 millions d'années, en partie à cause de sa faible densité. Dépêchez-vous donc de lui tirer le portrait !

 

Fin de la séance photo. Comme la monture tient ses promesses ce soir, je lui installe directement l'oculaire XWA 100° de 9mm. A chaque fois, l'objet apparaît dans l'oculaire.

 

Pour réaliser une belle mise au point et avant le départ de J.P. je pointe Albiréo. Beta Cygni est la cinquième étoile la plus brillante de la constellation du Cygne. Elle reste pour moi, la plus belle étoile double du ciel boréal. Albiréo est située à 434 AL de la Terre. A l'oeil nu on ne distingue qu'une seule étoile, mais à l'oculaire on voit bien Albiréo A, la jaune de magnitude 3,1 et Albiréo B, la bleu de magnitude 5,1. Elles sont séparées de 34 s d'arc, ce qui les rend visibles même dans un instrument de taille modeste. La différence de couleur est très marquée et elles forment le système binaire le plus contrasté accessible au astronomes amateurs. Albiréo A est en fait composée d'un couple de deux étoiles beaucoup plus rapprochées.

 

Ensuite, j'attaque la liste précédemment citée et nous commençons par M57, l'anneau de la Lyre. Cette fois-ci nous avons aucun mal à la discerner. L'oculaire XWA tient ses promesses. L'image est bien nette à 133x on voit bien l'anneau. En revanche, bien sûr, on ne voit pas l'étoile centrale. Il faudrait essayer avec le T600 du club REPERES.

 

Nous repassons à M27, la nébuleuse de l'Haltère. Ouf ! Quel morceau ! Elle occupe une bonne partie du champ visuel. En direct pas de couleur mais l'image est nette. Là non plus nous ne discernons pas l'étoile centrale. Il faut dire que sa magnitude est de 13,5. Ce n'est pas évident. T600 nous arrivons !

 

Et puis, on change. Après les nébuleuses nous passons aux amas. Nous commençons par M13, le grand amas d'Hercule. Magnitude 5,8. Comme son nom l'indique, il se trouve dans la constellation d'Hercule à 22000 AL. Avec 500 000 étoiles, c'est un des objets les plus vieux : son âge est estimé à 12 ou 14 milliards d'années. Là aussi c'est impressionnant. Avec son diamètre apparent de 20 mn d'arc, il rempli presque entièrement l'oculaire. Nous avons un bon piqué et pas de coma visible aux alentours de l'amas. J'ai laissé le correcteur de coma attaché à l'appareil photo après les prises de vue, mais finalement il ne nous manque pas.

 

On passe après sur M2. Magnitude +6,5. C'est un autre amas globulaire dans le Verseau à 37 000 AL. Avec 100 000 étoiles, il a une forme elliptique. Moins imposant que le précédent, il nous offre une belle vision avec un beau noyau dense et comme nous avons un tube de 250mm nous arrivons à bien résoudre l'amas en étoiles.

 

Puis, nous planons sur M15, le nuage de Pégase. C'est l'un des amas globulaires les plus denses de la galaxie. Situé à 33 000 AL, et aussi brillant que M2 – Magnitude +6,2 - il nous offre une belle vue qui nous emballe encore plus. Partant du noyau central, quelques ramifications partent dans tous les sens. Il est beaucoup moins régulier que les deux précédents.

 

Vient ensuite le tour à NGC7662, la Boule de neige bleue. Nébuleuse planétaire située à 5600 AL dans la constellation d'Andromède. De faible magnitude 9.2, elle ressemble un peu à une étoile dé-focalisée. Après ces belles images d'amas, nous restons un peu sur notre faim. C'est certainement un objet qui mérite plus de passer à la photo que d'être observé directement. Il est vrai que nous sommes restés avec l'oculaire de 9mm. Nous aurions pu zoomer un peu avec des oculaires de plus courte focale. Cependant, ceux que je possède sont de simples petits Plössl sans aucune mesure avec mon beau caillou de 9mm. Père Noël, j'ai été bien sage cette année.

 

Après cela nous orientons le tube sur Neptune, mais rien. Alors, nous changeons la visée et c'est Uranus qui va apparaître dans l'oculaire. Aurélien me dit que c'est la première fois qu'il voit Uranus en « vrai ». Nous la discernons par rapport aux étoiles alentours, car elle est un peu moins brillante, mais avec une taille respectable. De plus, je lui trouve une teinte légèrement bleu-vert.

 

Aurélien a deux souhaits. Le premier, le double amas de Persée. NGC 884 et NGC 869. Avec le 9mm nous zoomons beaucoup trop et en visant entre les deux amas pour les avoir tous les deux, nous apercevons pour la première fois un peu de coma en bordure de l'oculaire.

 

Son deuxième souhaite porte sur la galaxie du Tourbillon, M51. Située dans les chiens de chasse nous sommes un peu gênés par la pollution lumineuse. Avec sa magnitude de 8,4, ce n'est pas très évident. A 100 000 AL c'est une petite galaxie irrégulière. Réservons la au T600.

 

Un petit tour sur les Pléiades mais là aussi le 9mm n'est pas adapté, on serait mieux avec le 20mm. Là aussi nous constatons un peu de coma en bordure de champ.

 

Enfin, comme nous sommes tout les deux membre du club Andromède, nous finissons par la grande galaxie du même nom (quelle copieuse cette galaxie !). Cette fois-ci M31 est majestueuse dans l'oculaire et pour le même prix nous avons également un satellite dans le champ.

 

Il est plus d'une heure du matin. Il fait encore bon le thermomètre affiche 12°C, il n'y a toujours pas de vent mais un peu d'humidité commence à se déposer sur le matériel.

 

Retour à la maison pour une bonne douche chaude et un dodo bien mérité.

 

A bientôt,

 

Simon-Pierre.

 

 

 


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