Le ciel du 18 janvier 2017 était annoncé favorable sur Giraumont. Une invitation lancée sur WhatsApp a suffi à mobiliser quelques membres du club, et la soirée s’est finalement révélée riche en découvertes — et en petites mésaventures comme il en arrive à chacun d’entre nous.
Préparatifs de l’après-midi : monture, Red Dot et Stellarium
La préparation a débuté bien avant le coucher du soleil. Première tâche du jour : fixer une nouvelle queue d’aronde sur le tube pour y monter un viseur point rouge. Une manipulation qui a nécessité une main supplémentaire — en l’occurrence celle de Matthieu, 7 ans, qui s’est acquitté de sa mission d’équerre avec un sérieux exemplaire.
La monture motorisée était sortie pour la toute première fois. Quelques essais en tension ont permis de vérifier son bon fonctionnement avant de charger le matériel. Une courte session sur Stellarium a ensuite permis d’établir la liste des cibles de la soirée : nébuleuses, galaxies et amas déjà repérés sur la carte du ciel.
Installation sur site et premiers alignements
Le rendez-vous était fixé à 18h30 avec Aurélien, habitué du site. À son arrivée, il a offert un masque de Bahtinov artisanal, spécialement adapté au tube de 250 mm — un cadeau particulièrement apprécié pour la mise au point stellaire.
La mise en station équatoriale, envisagée initialement, a rapidement montré ses limites : le câble d’alimentation trop court contraignait à rester collé au véhicule. La décision a été prise de basculer en mode azimutal, bien plus souple pour une première sortie. L’alignement sur deux étoiles de référence, Rigel et Véga, a été effectué à deux, avec l’aide précieuse du viseur point rouge pour le pointage initial.
Au cœur de la nuit : Vénus, Orion, Andromède et les Pléiades
Vénus, très lumineuse à l’ouest, a servi de cible d’étalonnage pour la mise au point de l’oculaire Lanthanum 28 mm. Une fois le réglage effectué, le tube s’est tourné vers les grands classiques du ciel hivernal :
- M42, la grande nébuleuse d’Orion, toujours spectaculaire dans un instrument de 250 mm
- M31, la galaxie d’Andromède, vaste et diffuse dans le champ
- M45, les Pléiades, dont le piqué stellaire révèle toute la qualité optique d’un bon oculaire
- M33, la galaxie du Triangle, nettement plus discrète et exigeant un œil entraîné
À chaque pointage, la monture se montrait remarquablement précise : la cible apparaissait systématiquement dans le champ de l’oculaire, ne nécessitant qu’un léger recentrage à la raquette. Un résultat encourageant pour une première utilisation sur le terrain.
L’arrivée de Marc et l’essai photo
Marc a rejoint le groupe en cours de soirée, apportant avec lui le booster du club. Un renfort bienvenu : la voiture a pu être éloignée de la monture, gagnant en confort de manipulation. Décision immédiate : investir dans un câble d’alimentation plus long avant la prochaine sortie.
Marc souhaitait tenter quelques poses avec son appareil photo, installé via un réducteur 50,8 → 31,75 mm. Vénus, pointée de nouveau, s’est avérée trop lumineuse pour ce type de capteur sans filtre adapté. Le froid a ensuite eu raison de la batterie avant d’autres tentatives. Pas de quoi briser l’élan : l’oculaire Télévue 41 mm du club a pris le relais et offert des vues à grand champ d’une qualité remarquable, avec cette sensation d’immersion propre aux grands oculaires de qualité.
Bilan d’une soirée prometteuse
Cette première sortie motorisée aura confirmé le potentiel de l’équipement tout en pointant quelques axes d’amélioration : câble d’alimentation, maîtrise de la mise en station équatoriale, filtres pour le planétaire. Des ajustements mineurs au regard des satisfactions de la soirée.
Partager une nuit d’observation à plusieurs, progresser ensemble et redécouvrir des objets familiers sous un nouveau regard : c’est précisément ce qui fait la richesse des sorties en club. Rendez-vous sur le prochain CROA pour la suite des aventures célestes.