CROA du 25 mai 2017 : une nuit d’observation à Giraumont

Retour de voyage épuisant, ciel radieux… parfois les astres s’alignent pour de bonnes raisons. Ce jeudi 25 mai 2017, après une nuit blanche dans un avion et quelques heures de sommeil rattrapées en catastrophe, une sortie astronomique s’impose naturellement. C’est Aurélien qui prend les rênes et propose un rendez-vous sur notre site habituel, sur les hauteurs de Giraumont. Rendez-vous à 21h45.

Installation sur le site de Giraumont

Le soleil vient à peine de se coucher lorsque nous arrivons. Le ciel est parfaitement dégagé, la chaleur encore présente rend l’attente agréable. Aurélien a emporté son Dobson 250/1200, solide choix pour une soirée printanière. De mon côté, sans avoir sorti l’ensemble de mon matériel, j’ai tout de même glissé mes deux oculaires XWA 9 mm et 20 mm dans le sac.

Dominique nous rejoint rapidement, et c’est à trois que nous entamons la séance. L’installation est expéditive : pas de temps à perdre, Jupiter est déjà là, bien visible, qui nous attend.

Jupiter et ses quatre satellites galiléens

Première cible de la soirée : la géante gazeuse. À travers l’oculaire « Planetary » 6 mm d’Aurélien, Jupiter apparaît grossie 200 fois, richement détaillée. Les quatre satellites principaux — Io, Europe, Ganymède et Callisto — se trouvent alignés du même côté, formant une disposition en arc légèrement ondulé, loin d’une ligne parfaitement droite. Un spectacle saisissant pour ouvrir la nuit.

Nous nous relayons devant l’oculaire, installés confortablement grâce à ma chaise d’observation de fortune — une chaise à repasser reconvertie, fidèle compagne de terrain. Ceux qui pratiquent l’astronomie visuelle savent combien le confort posture compte lors d’une longue session d’observation.

Alignement du Dobson et préparation des listes d’objets

La nuit s’installe progressivement, les premières étoiles apparaissent. Vient alors le moment d’aligner la raquette du Dobson. L’opération demande plusieurs tentatives à Aurélien avant de donner satisfaction. De mon côté, je regrette de ne pas avoir emporté mon oculaire réticulé, qui nous aurait facilité la mise en station. Mémo pour la prochaine sortie.

Pour la sélection des objets à observer, improvisation oblige : j’avais préparé deux listes distinctes, l’une pour avril, l’autre pour juin. En ce mois de mai intermédiaire, nous faisons un mélange des deux et partons à la chasse.

M3 : l’amas globulaire aux étoiles variables

Premier objet de la liste d’avril : M3, amas globulaire situé dans la constellation des Chiens de Chasse (α 13h42, δ +28°23′, magnitude 6,3). Cet amas est l’un des plus riches de notre galaxie, avec une estimation d’environ un demi-million d’étoiles réparties sur quelque 160 années-lumière de diamètre. Il détient aussi un record : avec plus de 210 étoiles variables recensées, M3 est l’amas globulaire qui en compte le plus parmi tous ceux connus.

À l’oculaire, la résolution est immédiate malgré nos yeux encore peu adaptés à l’obscurité. La concentration stellaire saute aux yeux. Un objet qui ne laisse jamais indifférent, quelle que soit l’expérience de l’observateur.

M51 : la galaxie du Tourbillon dans les Chiens de Chasse

Second objectif : M51, la célèbre galaxie du Tourbillon (α 13h30, δ +47°11′, magnitude 8,4), également dans les Chiens de Chasse. Ce système double, situé à environ 27 millions d’années-lumière, associe une grande galaxie spirale et une petite galaxie irrégulière en interaction gravitationnelle. La structure spirale de la principale est l’une des plus photographiées du ciel profond.

Nous parvenons à localiser le couple sans difficulté, mais l’heure encore peu avancée de la nuit limite le contraste disponible. M51 mérite une observation en plein cœur de nuit astronomique pour révéler tous ses bras spiraux. Rendez-vous pris pour une prochaine sortie.

Une soirée courte mais efficace

Fatigué par le décalage horaire et la nuit de voyage, je ne reste pas jusqu’à l’aube. Mais cette séance aura suffi à rappeler pourquoi on sort le matériel même quand l’énergie manque : quelques heures sous un bon ciel, en bonne compagnie, valent mieux qu’une nuit entière à regarder des photos sur écran. Jupiter, M3, M51… un beau programme pour une soirée de mai. À bientôt pour le prochain compte-rendu d’observation.