Ce 4 février 2022, une éclaircie tardive offre une fenêtre inespérée après des semaines de ciel bouché dans l’Oise. Dominique diffuse l’information sur le groupe WhatsApp du club, et c’est finalement un beau groupe qui se retrouve sur le site habituel d’observation à la sortie de Lassigny, vers 21h30.
Installation du matériel sous un vent frais
À mon arrivée, je suis le premier sur place. Je déballe mon télescope Dobson 254/1200 et commence la collimation à l’aide de mon laser. Le miroir secondaire est resté parfaitement en place depuis la dernière sortie ; le miroir primaire n’a que très légèrement bougé. Il faut dire que la dernière observation remonte au week-end astro du CIS début octobre à Amboise — plusieurs mois sans pointer le ciel, c’est long.
Je règle ensuite mon support double de chercheurs. Le chercheur optique est toujours bien aligné avec l’axe du tube. En revanche, le laser vert s’est légèrement décalé et demande un ajustement des vis du porte-oculaire avant d’être opérationnel.
Pendant que je finalise mon installation, d’autres voitures arrivent. Dominique monte le Meade 200 du club, Christian sort son Maksutov 130, et Jérémie installe son propre Dobson 254 — identique au mien. Élodie nous rejoint également pour la première fois, venue exprès depuis la région de Montdidier, dans la Somme voisine. L’équipe est au complet.
Une pensée pour Lolo
Avant de commencer à chasser les objets, une pensée s’impose. Cela fait exactement cinq mois ce soir que Lolo nous a quittés. Il était toujours le dernier à rester sur le terrain, à fouiller le ciel et à partager ses découvertes jusqu’aux premières heures. Son enthousiasme manque à tous ceux qui ont eu la chance d’observer avec lui.
Initiation au ciel profond avec Jérémie
Jérémie possède son Dobson depuis un moment, mais ne s’est jusqu’ici aventuré qu’en observation planétaire et lunaire. Ce soir est sa première expérience du ciel profond. Je lui prête mon oculaire de 40 mm au coulant 31,75 mm, qui lui offre un champ plus large pour ses recherches manuelles. Tout au long de la nuit, je l’accompagne dans ses pointages grâce au laser vert, en l’aidant à prendre ses repères sur des cibles communes.
C’est précisément ce que le club Andromède cultive : le partage des connaissances entre membres expérimentés et débutants. Le laser vert se révèle une fois de plus un outil précieux pour guider un regard novice vers un objet invisible à l’œil nu.
Pour cette soirée, je travaille avec deux oculaires grand coulant :
- Le 40 mm à champ de 68°, idéal pour les premières localisations
- Le 20 mm à champ de 80°, pour passer à un grossissement supérieur une fois l’objet centré
Les cibles de la soirée
M42 — La grande nébuleuse d’Orion
Comme souvent en début de nuit hivernale, la nébuleuse d’Orion constitue la première cible logique. À 1 350 années-lumière de la Terre, M42 est une région de formation stellaire active dont le rayonnement est entretenu par les jeunes étoiles massives qu’elle abrite. Dans le télescope, l’image est saisissante : le Trapèze — ce quatuor d’étoiles serrées au cœur de la nébuleuse — apparaît net et bien résolu. Un beau point de départ pour mettre les instruments en température.
M46 — Un amas ouvert dans la Poupe
Je pointe ensuite l’amas ouvert M46, localisé dans la constellation de la Poupe (Puppis), à gauche de Sirius dans le champ. Pour le repérage, je consulte comme à mon habitude J’observe le ciel profond de Raphaël Gilis, que je garde systématiquement à portée de main sur le terrain. L’Atlas des Constellations de Jean-Louis Candes complète ma documentation de terrain pour les champs plus larges.
M46 est un amas riche d’environ 500 étoiles, situé à quelque 5 400 années-lumière. Sa particularité réside dans la nébuleuse planétaire NGC 2438 visible en superposition — bien que cette dernière ne soit pas physiquement associée à l’amas, elle se trouve simplement dans la même ligne de visée depuis la Terre.
Bilan d’une soirée réussie
Entre les échanges autour des oculaires, les pointages guidés au laser et la fraîcheur du vent qui rappelait que l’hiver n’était pas terminé, cette nuit du 4 février aura été l’une de ces soirées où le club prend tout son sens. Jérémie repart avec ses premières observations de ciel profond, Élodie découvre notre site et notre fonctionnement, et le ciel — pour une fois — a tenu ses promesses jusqu’en fin de soirée.